Déc 012013
 

BillesPlus je vieillis, plus j'apprécie les samedis matin. C'est peux-être à cause de la quiétude d'être le premier à se lever, ou la joie de ne pas être au travail. En tous cas, les premières heures du samedi sont très agréables.

Il y a quelques semaines, j'étais tranquille, une tasse de café dans une main et le journal du matin dans l'autre. Ce qui avait commencé comme un samedi ordinaire devint une de ces leçons que la vie semble nous offrir de temps en temps.

J'allumai la radio et tombai sur une émission où les auditeurs appellent la station pour discuter. Et là, je tombe sur la voix d'un type âgé, mais plein d'énergie. Il racontait quelque chose au sujet "des mille billes".
Je fus intrigué et m'arrêtai pour écouter. "Eh bien, Tom, tu sembles être très occupé au travail. Je suis sûr qu'ils te payent bien mais c'est dommage que tu doives demeurer si longtemps loin de ta maison et de ta famille. C'est dur à croire qu'un jeune homme doive travailler soixante heures par semaine pour joindre les deux bouts. Et c'est malheureux que tu manques le récital de ta fille."

Il poursuivit "Laisse-moi te dire quelque chose, Tom, quelque chose qui m'a aidé à garder une bonne perspective sur mes priorités." Et c'est alors qu'il commença à expliquer sa théorie des "mille billes".
"Tu vois, un jour je me suis assis et j'ai fait mes petits calculs. En moyenne, une personne vit environ soixante-quinze ans. Je sais, certaines personnes vivent plus longtemps et d'autres moins longtemps, mais en moyenne, les gens vivent autour de soixante-quinze ans."

"Maintenant si je multiplie 75 par 52 pour obtenir le nombre de samedis qu'une personne moyenne a durant toute sa vie, j'arrive à 3 900. Reste avec moi Tom, j'en arrive à la partie importante."
"Ça m'a pris cinquante-cinq ans de ma vie pour penser à tout cela dans le détail," poursuivit-il, "et à ce moment-là j'avais vu plus de deux mille huit cents samedis défiler. J'en suis venu alors à penser que si je vivais jusqu'à soixante-quinze ans, il me restait environ seulement 1 000 samedis à vivre et à apprécier."
"Alors je me rendis dans un magasin de jouets et j'achetai toutes les billes qu'il y avait. J'ai dû faire trois magasins de jouets avant de pouvoir réunir 1000 billes. Je les apportai à la maison et les plaçai dans un grand pot transparent, juste ici devant la fenêtre. Depuis ce temps, chaque samedi, j'enlève une des billes du pot et je la donne à un enfant du quartier."

"Et je me suis rendu compte qu'en voyant mes billes diminuer, je me concentrais davantage sur les choses réellement importantes dans la vie. Il n'y a rien de mieux que de surveiller votre temps sur cette terre s'en aller pour vous aider à établir clairement vos priorités."
"Maintenant laisse-moi te dire une dernière chose avant de te quitter et d'emmener ma charmante épouse au restaurant. Ce matin, j'ai enlevé la dernière bille du pot. Je suppose que si je peux aller jusqu'à samedi prochain, alors la vie m'aura fait cadeau d'un peu plus de temps. Et s'il est une chose que nous pouvons tous utiliser, c'est bien ce petit plus de temps."
"Ça m'a fait plaisir de te parler, Tom. J'espère que tu passeras plus de temps avec ta famille et j'espère avoir le plaisir de te parler à nouveau."
On aurait pu entendre une épingle tomber sur le sol quand ce type nous a dit au revoir. Et j'imagine qu'il a donné à réfléchir à beaucoup de monde.

Ce matin-là, j'avais prévu de travailler sur mon antenne de toit. Au lieu de cela, je montai l'escalier et réveillai mon épouse avec un baiser.
- Viens-t-en mon amour, je vous emmène, toi et les enfants, déjeuner au restaurant.
- Pourquoi ça ? demanda-t-elle avec un sourire.
- Oh, rien de spécial, c'est juste que ça fait un bon moment qu'on n'a pas passé un samedi ensemble avec les enfants. Hé, pouvons-nous nous arrêter à un magasin de jouets en passant ? Je voudrais acheter quelques billes.

Jeffrey Davis

Et vous, qu'en pensez-vous ?
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  9 commentaires à “1000 billes”

  1. Jeffrey,
    Merci pour votre article qui m’inspire 2 remarques amusées. 1) Quelle chance de ne pas être monté sur le toit grâce à une histoire pleine de sagesse. Tout le monde sait que c’est la dernière chose à faire ! 2) Votre femme a dû se demander ce qui se passait… Un homme qui exprime soudainement autant de délicatesse est souvent suspect mais n’en est pas moins sincère !!!
    Je vous propose la lecture de ma dernière Newsletter qui rejoint votre thème « ce qui est important dans la vie » dont le titre est « Quelle place laissez-vous à l’amour ? ». Le lien est :
    ymlp.com/zB0osG

  2. Très belle histoire qui souligne, une fois encore, qu’après la santé, notre bien le plus précieux est le temps.

    Le temps qui semble filer entre les doigts.
    Le temps à consommer, minute par minute…
    moralotop.com/urgent-et-important-gestion-du-temps-suite/

  3. Merci de me rappeler qu’Aujourd’hui est la journée la plus belle et importante de ma vie. Hier est bel et bien fini et demain…???

  4. Très jolie histoire. J’aime beaucoup.
    Et qui donne à réfléchir.
    Tiens, je m’en vais m’acheter des billes, moi !…
    B.

  5. merci pour cette belle histoire, j aime parfois m’asseoir chez moi et regarder tout mon petit monde autour de moi, parfois qu’une seule minute, et je l’inscrit dans ma mémoire . c’est une petite bille qui me rend la vie belle, tout les miens vont bien, profitons de ce moment où un ange passe….

  6. […] d’autres articles sur la Ligue des Optimistes de France Dev […]

  7. Merci pour cet article,
    Je me sens bien après l’avoir lu, c’est bon d’entendre qu’il nous reste toujours beaucoup de temps à partager, à se faire du bien et être heureux.

  8. j’adore ce récit. J’écoute pratiquement tous les jours une émission sur France Inter qui s’appelle Là-bas si j’y suis, des messages sur répondeur, qui sont vraiment souvent de cette qualité. Je pratique ce genre de chose depuis très longtemps, j’ai eu une enfance où j’ai dû apprendre à me consoler vachement vite, et j’ai appris à me concentrer sur la beauté des choses, un champs de lavande bleu, un parfum, mille petites choses cachées et merveilleuses comme des trrésors qui sont à portée de nos yeux et que beaucoup ne voient pas. Évidemment il y a des fois où emporté par le courant de la vie, on a les yeux plus fermés qu’ouverts! Mais être optimiste, c’est les garder ouverts, non? Ouverts et pétillants!
    Merci pour ce beau récit,
    Agnès

  9. Et bien moi aussi je trouve cette histoire charmante, mais j’y mets un mais… J’avais tendance à toujours privilégier les moments d’amour, les moment de passion, les moments exceptionnels, la farniente au soleil contre la concentration d’un labeur. J’ai cultivé cela des années et me suis aussi un peu perdue de tant de profits et de plaisir. Et aujourd’hui, je continue à aimer mon amoureux tous les jours, à m’arrêter pour le regarder, pour regarder nos enfants, pour chanter avec tout le monde, mettre la vaisselle de côté pour danser, mais aujourd’hui, je respecte tout autant mes moments de labeur, quels qu’ils soient. Et quand je termine une tâche que je suis allée à l’objectif voire plus loin, je me rends compte de la chance que j’ai eu d’avoir la volonté d’y arriver. Et tout cela ne m’empêche pas d’aller au restaurant avec les gens aimés…

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